Radio Primitive

À l'antenne
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Radiobook durée : 31:53

Extrait, chapitre 10

« Une vie » est un roman de Guy de Maupassant publié en 1883. Il parut tout d’abord sous forme de feuilleton dans Gil Blas. On y découvre la vie de Jeanne, faite de petites joies et de grands désespoirs. Le chapitre XIV clôt le roman par une phrase merveilleuse de la servante Rosalie : « La vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit. »

« Les jours furent bien tristes qui suivirent, ces jours mornes dans une maison qui semble vide par l’absence de l’être familier disparu pour toujours, ces jours criblés de souffrance à chaque rencontre de tout objet que maniait incessamment la morte. D’instant en instant, un souvenir vous tombe sur le cœur et le meurtrit. Voici son fauteuil, son ombrelle restée dans le vestibule, son verre que la bonne n’a point serré ! Et dans toutes les chambres on retrouve des choses traînant : ses ciseaux, un gant, le volume dont les feuillets sont usés par ses doigts alourdis, et mille riens qui prennent une signification douloureuse parce qu’ils rappellent mille petits faits.

Et sa voix vous poursuit ; on croit l’entendre ; on voudrait fuir n’importe où, échapper à la hantise de cette maison. Il faut rester parce que d’autres sont là qui restent et souffrent aussi.»

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